1980 et la suite : des témoignages de responsables nationaux - François Rage, président en 1999

Ven19Avr201307:11

1980 et la suite : des témoignages de responsables nationaux

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Quand la réflexion sur l’avenir se traduit par des « Assises ».


(Entretien téléphonique)


Auvergnat né en 1964, éclé depuis 1979, enseignant, engagé au plan local (adjoint au Maire et au Président de l’agglomération du grand Clermont)… Dit avoir choisi son métier comme prolongement de son expérience dans le scoutisme : d’une part, pour le contact éducatif avec les jeunes, d’autre part pour disposer d’une activité professionnelle lui permettant de continuer à militer dans le Mouvement.


Responsable d’unité dès son entrée aux éclés où il a suivi ses frères plus jeunes ; responsable de groupe de 1988 à 1993 à Cournon, ville de 20 000 habitants, où les EEDF ouverts à tous sans exclusive ont accueilli tous les jeunes sans concurrence des SGDF, le réseau catholique local ayant trouvé son compte dans la proposition EEDF. Le groupe, aujourd’hui animé par son épouse, compte toujours plus de cent adhérents et est très dynamique.


Régional de 1990 à 1995, membre du Comité Directeur de 1996 à 2002, il succède à Jean Gariepuy à la présidence en 1999. En 2002, après la fin de son mandat, François a présidé les Assises réunies à Saint-Étienne. Dans une période caractérisée par un développement en voie d’essoufflement et de nombreux problèmes de gestion des Services Vacances, elles ont eu pour but de poser à l’ensemble du Mouvement quelques questions « de fond » sur son évolution. De plus elles mettaient au débat la problématique de l’engagement aux EEDF qui n’est pas toujours ressenti comme épanouissant.


Trois domaines de préoccupations majeures :

– la prise de conscience d’une évolution profonde des « institutions » et de ses conséquences sur l’organisation même du Mouvement, à tous les niveaux ;

– la place des adultes, et en particulier des parents, pour assurer la pérennité de la « charpente » du Mouvement sans mettre en cause l’autonomie pédagogique des responsables plus « volatils » ;

– pour le Mouvement lui-même, la nécessité de se différencier des autres activités de loisirs offertes aux familles, en insistant plus sur nos valeurs et sur notre rôle dans l’éducation du citoyen.


Sur le premier point, l’évolution de l’organisation… « mon expérience d’élu local me conduit à penser que les institutionnels ont besoin d’avoir en face d’eux des personnalités responsables, disposant d’une réelle délégation, ce qui pouvait conduire à évoluer vers une forme fédérative : la force vive du Mouvement réside principalement dans ses groupes locaux et ils ne sont pas réellement représentés. L’A.G. devrait être essentiellement constituée des responsables des groupes, des investissements et des services… ».


Sur le deuxième point, « le Mouvement ne prend pas assez en compte le rôle et les attentes des parents, qui lui confient leurs enfants. En réalité les adultes ont une place prépondérante car c’est essentiellement d’eux que dépend la continuité des activités aussi bien que la représentation vers l’extérieur. Ce qui pose le problème de leur représentation dans les instances statutaires et démocratique du groupe local. »


Sur le troisième point, « il n’est plus possible de se différencier par les activités, tout le monde couche sous la tente ou organise des grands jeux, et les contraintes administratives nous limitent. Nous ne sommes pas des centres aérés. La différenciation doit se faire sur l’apport de valeurs dans la formation du futur adulte. Le jeu peut encore être joué et notre groupe le démontre : 1/3 des cadres adultes sont issus de l’enseignement et nous apportent leur militantisme. »


Quelles valeurs ? « La laïcité, mais non limitée à sa composante religieuse, proposant une ouverture et non une simple juxtaposition pour “ vivre ensemble ”. Ce qui pose le problème de l’importance de notre présence, car nous ne sommes pas suffisamment nombreux : nous avons une obligation de développement si nous voulons continuer à exister dans cet esprit. Il y a lieu de se poser la question d’une action commune, par exemple au niveau du Scoutisme Français, bien entendu en dehors de toute tentation de scoutisme “ intégriste ” ».


Je ne regrette absolument pas mon engagement militant dans le Mouvement et j’y suis encore très présent même si mes occupations professionnelles et politiques m’ont conduit à prendre quelque distance : ma femme s’occupe du groupe, mes enfants y sont responsables, et je représente les EEDF auprès de diverses institutions… Le centenaire devra être l’occasion de créer un réseau de tous ceux qui, comme nous, ont apporté leur militantisme au Mouvement… et reconnaissent ce qu’ils en ont reçu.

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