2020 - 2021 : le centenaire de la Fédération Française des Éclaireuses

Dim18Oct202009:36

2020 - 2021 : le centenaire de la Fédération Française des Éclaireuses

Index de l'article

2021 : une « journée de la mémoire »

consacrée au centenaire

de la Fédération Française des Éclaireuses,

à l’origine du scoutisme féminin en France

 

Un peu d’histoire :

 

Le scoutisme a été « importé » en France peu de temps après son invention en 1907 en Grande-Bretagne et trois associations pour les garçons ont vu le jour en 1911. Plusieurs expériences ont suivi pour les filles, d’abord à partir des Unions Chrétiennes de Jeunes Filles (U.C.J.F.) puis de la Maison pour Tous de la rue Mouffetard à Paris. En 1921, ces initiatives regroupées ont conduit à la création de la F.F.E., Fédération Française des Éclaireuses, première association de scoutisme féminin dans notre pays.

D’inspiration protestante via les U.C.J.F., mais souhaitant une ouverture à toutes, la F.F.E. a, dès le début, proposé une articulation – unique dans le monde du scoutisme – en « sections » (Unioniste, Neutre, puis Israélite) permettant l’accueil de toutes sans distinction d’origine ou de croyance. Tout au long de ses quatre décennies d’existence, cette solution a permis à chacune de ses membres de vivre sereinement sa foi ou ses valeurs dans un contexte d’échanges et non de concurrence ou de domination. Il est clair qu’elle a permis également, aux membres de la section « neutre », de prendre conscience de leur spiritualité.

C’est ainsi qu’ont pu se bâtir les pédagogies adaptées aux diverses tranches d’âge, sans alignement sur celles du scoutisme masculin mais dans le même esprit. Encore plus innovante que le scoutisme pour les garçons, la F.F.E. a permis une réflexion sur le rôle de la fille et de la femme dans une société en évolution, et a accompagné cette réflexion dans l’action.

Les témoignages recueillis, dans les années 80, auprès d’anciennes de toutes les sections, mettent en évidence le rôle fondamental de ce scoutisme en construction dans la formation de la personnnalité de nombreuses jeunes filles et aussi, souvent, dans leur choix professionnel et leur choix de vie. Une place importante est donnée au rôle « social » de ces activités, du côté des « sections populaires », des jeunes « dispersées » ou des handicapées, « Éclaireuses Malgré Tout ».

Comme toutes les associations de scoutisme, la F.F.E. a été confrontée, à partir de 1940, à un pouvoir à la fois exigeant et nourricier, ce qui a évidemment posé quelques problèmes mais n’a pas empêché les engagements nombreux dans la résistance à l’occupant (et au régime) et la protection des menacés. Et la Commissaire nationale F.F.E. a rencontré clandestinement à Chamarges, avant la Libération, le délégué du Conseil National de la Résistance pour accompagner cette participation.

Après la Libération, c’est à un nouveau défi que s’intéresse la Fédération, celui de la participation à la vie du pays grâce au vote : ne pas voter serait abandonner le terrain, l’éducation civique et politique des femmes en est une conséquence évidente, en particulier pour la formation des responsables pour tout ce qui concerne le respect de la personne et la dignité humaine.

L’évolution de la société ayant conduit à une réflexion sur la coéducation des filles et des garçons, les « sections » de la F.F.E. ont rejoint, à partir de 1964, les Mouvements masculins de scoutisme pour créer de nouvelles associations. C’est ainsi que la section « neutre » s’est rapprochée des Éclaireurs Français et des Éclaireurs de France, associations ouvertes à tous sans distinction d’origine ou de croyance, pour créer les Éclaireuses Éclaireurs de France. Le centenaire de la F.F.E. étant aussi celui de sa section neutre a donc toute sa place dans la « journée de la mémoire du scoutisme laïque » qui va être organisée en 2021.

 


 

Le projet : une journée et une publication

 

Cette « journée de la mémoire » sera organisée en 2021 par l’A.H.S.L. (Association pour l’histoire du scoutisme laïque) en coopération avec les Éclaireuses Éclaireurs de France, en principe au printemps si les contraintes sanitaires le permettent.

Son contenu est en cours d’élaboration mais sera certainement articulé en trois volets :

-   une présentation « historique », résumant les étapes de la vie de la Fédération,

-   une présentation d’un ensemble de témoignages et de commentaires,

-   une présentation de documents d’illustration (archives, films…)

 

Nos sources sont les suivantes :

-   pour la partie historique et les illustrations, les archives de la F.F.E. déposées au PAJEP ou à la Bibliothèque Marguerite Durand, les collections des revues F.F.E. et E.D.F., la collection du D.T., « Débrouillum Tibi », la revue de l’association des anciennes F.F.E.,

-   pour la seconde partie, pliseurs dizaines de témoignages recueillis dans les années 80 soit une vingtaine d’années après la dissolution de la Fédération, par deux anciennes responsables nationales de la section neutre.

 

L’articulation retenue pour ces trois volets est la suivante :

-   de 1912 à 1921, les éclaireuses avant la Fédération : rappel des premières expériences de scoutisme féminin, historique des rapprochements, construction d’une association unique, ouverte à toutes mais proposant des « sections » adaptées aux diverses sensibilités,

-   de 1921 à 1940, la construction d’un scoutisme féminin français, à partir d’une mise en commun et d'une réflexion appuyée sur l’expérience, en particulier sur la liberté de la femme et l’expression de ses valeurs, 

-   de 1940 à 1945, la période de la guerre, avec ses contraintes puis ses engagements au service de la Résistance et de la protection des menacés,

-   de 1945 à 1964, l’adaptation dans une société en évolution, en particulier sur le rôle de la femme et la coéducation des filles et des garçons,

-   un petit chapitre sera consacré au domaine des Courmettes, haut-lieu de rencontre et de formation de la Fédération.

Cette articulation sera également celle des « actes » reprenant et complétant par de nouveaux documents la journée par l’édition d’un ouvrage dédié.

 

Des informations plus complètes seront diffusées dès que possible, en particulier sur le lieu et la date de la rencontre. L’édition des « actes » de la journée se situera dans les deux mois qui suivront.

 


 

 

Illustrations de chaque étape :

 

-   1916 section « Naples » : les éclaireuses pendant la guerre, avec la promesse « alternative » :

 

 16 Naples

 

-   1930 Manuel : un excellent résumé à destination des responsables de toutes les sections :

 

30 Manuel

 

-   1939 Pax Ting : participation à une rencontre internationale avant le début des hostilités :

 

39 SC Pax Ting

 

-   1943 : accueil d‘une unité clandestine de jeunes E.I. dans un établissement catholique (photo Hélène Stern) :

 

Stern 1

 

-   1946 Manuel : résumé mettant en évidence les approches différentes suivant les sections :

 

46 Manuel

 

-   1959 les Courmettes : un haut-lieu de rencontre et de formation en Provence (vu par Eugène Arnaud) :

 

99 Courmettes EA

 

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