Michael Fossat, membre actif des EEDF au sein du groupe FRAM de Sartrouvillenous nous transmet ces informations sur son grand-père (totemisé Rainette). Routier, il a participé à des sorties avec des sourds-muets de l’institut par lequel il a rejoint la résistance et dans lequel il a été surveillant.


Marcel Duvernois est Lyonnais, né le 3 mai 1924, à 18h30, dans le 7e arrondissement. Célibataire et étudiant, il réside 71 rue Sébastien Gryphe, à Lyon. Depuis le 1er novembre 1942, il a intégré le réseau Marco Polo où il est agent de liaison (je sais qu’il amenait par exemple des faux papiers dans une valise dans le maquis du Vercors). Le 24 novembre 1943, la Gestapo arrête, à Villeurbanne, tous les membres du groupe dont Marcel Duvernois (il faisait apparemment le guet pour une réunion importante mais a été immédiatement arrêté), André Pellet, Jacques Berger et Lucien Perrichon. D’abord incarcéré au fort Montluc, la prison allemande de Lyon, il est envoyé au camp de rassemblement de Compiègne-Royallieu le 19 janvier 1944 où il reçoit le numéro 25365.
De là, Marcel Duvernois est déporté le 27 janvier 1944, avec plus de 1 500 hommes, dans un convoi qui arrive le 29 à Buchenwald. Dépouillé de tout, désinfecté, vacciné et fiché, il se déclare cheminot et devient le matricule 44550.

Affecté au Block 14, il travaille certainement à la carrière de pierres, selon les survivants de ce camp. Puis, le 13 mars 1944, parmi 797 détenus, Marcel Duvernois est transféré au Kommando de Dora. Il arrive dans ce camp en chantier et découvre le Tunnel où sont assemblées les fusées A4-V2. À l’époque, il est encore en construction et les déportés vivent jour et nuit dans des conditions dantesques : le bruit infernal, la poussière omniprésente, le manque d’eau et d’alimentation, les coups en font un « enfer ». Le 28 juin, Marcel Duvernois est envoyé au Kommando d’Harzungen. Les détenus déboisent, défrichent, creusent et construisent une usine souterraine pour enterrer l’industrie aéronautique dans les chantiers Kammler, le tout avec des moyens dérisoires et sous la férule omniprésente des Kapos et de la SS. Ce camp, ainsi qu’une quarantaine d’autres, dépendront du complexe Mittelbau-Dora qui deviendra autonome le 1er novembre 1944. Employé au chantier B3, Marcel Duvernois doit entrer au Revier (« infirmerie ») d’Harzungen le 23 novembre mais, malgré tout, il survit au système concentrationnaire et connaît l’évacuation des camps.
Le 5 avril 1945, les SS fuient devant l’avancée des armées alliées avec des milliers de déportés jetés sur les routes sans ravitaillement. Ces « marches de la mort » conduisent Marcel Duvernois « au camp des casernes » de Bergen-Belsen où il finit par arriver le 9 avril. C’est du « bâtiment 35, chambre 43 B » qu’il est libéré le 15, par l’armée britannique.
Le 29 avril 1945, Marcel Duvernois est rapatrié en France par le centre d’accueil d’Orsay, en même temps que Louis Duvernay (43721). Je sais aussi qu’il est passé par le fameux hôtel Lutecia.
Après guerre, lee 14 juin 1947, il épouse en la Mairie de Paris 20ème Suzanne Paradis (ma grand-mère) dont il aura une fille, Danièle (ma mère), née le 20/10/48
Il divorcera le 10 avril 1979.

. Il a fait toute sa carrière dans l’aviation, principalement en tant que chef d’escale, d’abord en Afrique au sein d’Air France, puis d’UTA (notamment à Madagasar, au Tchad,au Maroc, en République Centrafricaine, en Guinée, au Sénégal).
En la mairie de Ville-d’Avray (Hauts-de-Seine), Marcel Duvernois épouse, le 15 juillet 1994, Irène Avril.

C’est dans cette ville qu’il est décédé le 12 janvier 2003 à 78 ans.
Je mets ici un résumé avec quelques liens et je joins quelques photos de lui dans l’immédiat après-guerre :
Biographie et parcours dans la Résistance
- Nom : Marcel Duvernois https://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=67053
- Naissance : 3 mai 1924, Lyon (7ᵉ arrondissement) https://asso-buchenwald-dora.com/duvernois-marcel-klb-44550/
- Statut : étudiant, célibataire ; domicilié 71 rue Sébastien Gryphe, Lyon
- Engagement : rejoint la Résistance en novembre 1942 au sein du réseau Marco Polo comme agent de liaison, sous le pseudonyme « Rainette ». ,
- Grade / spécialité : classé P2 (résistant clandestin) dans les archives de la France Libre.
Arrestation et déportation
- 24 novembre 1943 : la Gestapo arrête en Villeurbanne plusieurs membres du réseau, dont Marcel Duvernois, André Pellet, Jacques Berger et Lucien Perrichon, lors du coup de filet contre l’Institut des Sourds-Muets.
- Fort Montluc : incarcéré à Lyon, puis transféré au camp de Compiègne-Royallieu le 19 janvier 1944 (matricule 25365).
- 27 janvier 1944 : déporté avec 1 500 hommes vers Buchenwald, où il devient le matricule 44550, affecté au Block 14 et probablement employé à la carrière de pierres.
- 13 mars 1944 : transféré au Kommando Dora, en plein chantier du tunnel où sont assemblées les fusées V2. Conditions extrêmes : bruit, poussière, faim, coups.
- 28 juin 1944 : envoyé au Kommando d’Harzungen pour déboisement et construction d’usines souterraines (programme Kammler).
- Libération : survivant, il est rapatrié en avril 1945 depuis Bergen-Belsen.
Après-guerre
- Décès : 12 janvier 2003 à Ville-d’Avray (Hauts-de-Seine), à 78 ans.
- Reconnaissance : mention « Mort pour la France » dans les archives des résistants.
Points marquants
- Jeune résistant lyonnais, engagé très tôt (18 ans) dans un réseau de renseignement stratégique.
- Victime du coup de filet du 24 novembre 1943 contre Marco Polo à Villeurbanne.
- Déporté dans les camps liés à la production des fusées V2 (Mittelbau-Dora), symbole de la brutalité nazie et de l’exploitation concentrationnaire