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1928 et la suite : le scoutisme « d’extension » à la F.F.E.

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1928 et la suite : le scoutisme « d’extension » à la F.F.E.
Scoutisme malgré tout
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Essai de synthèse à partir de témoignages

 

 

 

Le scoutisme d’extension à la F.F.E. – Essai de synthèse à partir de témoignages

Un certain nombre de témoignages présentés par le « D.T. », organe de l’association des anciennes de la F.F.E., complétant et précisant les informations parues dans les revues, racontent l’implication de l’association dans l’esprit du scoutisme dit « d’extension », en l’étendant d’ailleurs à des éclaireuses « dispersées » ou « disséminées » pas obligatoirement handicapées ou malades.

À partir de 1928, il est question des éclaireuses « disséminées » et le témoignage de C. Calleron, « Brin d’Osier », raconte que « Benjamin », le journal que Jean Nohain éditait en direction des jeunes, présentait une rubrique scoute dans laquelle « Renard subtil de la forêt profonde » avait lancé un appel : « Où que tu sois, que tu sois isolée, handicapée, rien ne peut t’empêcher de devenir Éclaireuse. Écris à la F.F.E., 10, rue de Richelieu, Paris ». Cet appel avait été entendu de quelques-unes.  Le relais a été mis en place et un témoignage de « Bûcheron Éloquent » raconte : « C’est une histoire d’amour de quelques adolescentes ayant lu et relu le Livre de Lézard, ayant été éblouies par la beauté de la Loi. » « Après en avoir parlé avec « L’eau courante » (Madeleine Beley), je proposais de réunir ces disséminées et d’en faire un groupe par correspondance. (…) Un gros cahier circulait d’un groupe à l’autre, et chacune était fidèle à la Loi. (…). En 1932, nous avons réalisé notre grand rêve, avoir un camp où nous nous retrouverions : c’était une grande aventure, mais nous y sommes arrivées, et nous l’avons eu, notre camp, avec tout ce qu’il fallait, les jeux de piste, les feux de camp, les grandes balades… »

En 1932, Anne-Marie Fabry, « Cyclamen », évoque les Éclaireuses Malades Dispersées ou E.M.D. (présenté comme un premier sigle), devenues par la suite E.M.T., Éclaireuses Malgré Tout, créées par Denise Hourticq, « Flaméa l’Effraie ». Annick Le Roy, « Babouk généreux et à ressorts », donne une définition des E.M.T. qui « toutes ont un point commun, l’isolement, dû à :

-   l’éloignement (petit village, pays étranger),

-   la maladie (maison de santé, sanatorium, aérium),

-   le handicap (établissement spécialisé, domicile familial) ».

Un inventaire est présenté par Jacqueline Basdevant, « Grand Poulet », qui évoque les E.M.T. « disséminées », pour lesquelles « tout se fait par correspondance », à côté de quelques exemples de groupes :

-   Berck (maladies osseuses),

-   Paris-Sentier (retour de Berck),

-   Brévannes (sanatorium et préventorium),

-   Saint-Mandé (aveugles),

-   Paris-Prelot (cardiaques, retour de préventorium).

Une place toute particulière est accordée à « l’expérience menée à Berck de 1936 à 1940 » par Jeanne Frémont, « Fourmi ». Le rattachement à la F.F.E. de cette « section » se situe le 15 février 1933 avec, « au bas de la carte d’affiliation n° 181, trois signatures : G. Leenhardt, Commissaire régionale, M. Pichon-Landry, Présidente, M. Walther, Commissaire Nationale ». La population de l’hôpital Maritime compte trois catégories : les allongés, les demi-marchants, les marchants. Les activités concernent les trois catégories, avec des adaptations (et des problèmes) propres à chacune. Parmi les problèmes, la nécessité d’ouvrir les activités aux garçons, ce qui conduit Fourmi à se mettre en rapport avec les E.D.F., sans succès, puis à créer une troupe et une meute, les E.D.F. accueillant alors Fourmi dans un Cappy avant que des cheftaines E.D.F. la rejoignent.

René Lafont, Commissaire Nationale E.M.T ., évoque plus particulièrement, dans un article du Trèfle en juillet 1939, le cas des malades et des infirmes : « Le scoutisme E.M.T. est basé sur les mêmes lignes que le scoutisme ordinaire. La cheftaine doit tenir compte du but à atteindre, le développement des diverses facultés des enfants, puis du point de départ de chacune d’elles. La seule adaptation qu’elle ait à faire est le choix des moyens à employer, et ceux-ci varient avec chaque établissement, chaque malade.

Ajoutons qu’il y a une grande force pour les malades et les infirmes, de savoir que leur scoutisme est, à bien peu de chose près, le même que celui des autres enfants. »

À noter que, tout au long de ces témoignages, il semble que les E.M.T. se soient trouvées « trans-sections », c’est-à-dire non rattachées à l’une des trois sections (Unionistes, Israélites ou Neutres) de la Fédération. Il est question, dans un des « cahiers », de passages de la Bible, mais plusieurs des responsables concernées sont des institutrices laïques. Après la guerre, le groupe de l’Institut National de Jeunes Sourds, rue Saint-Jacques à Paris, sera « mixte » E.D.F. / F.F.E. N jusqu’à la création des E.E.D.F. en 1964. Il en était vraisemblablement de même dans les autres Instituts publics, nationaux ou départementaux, rattachés au Ministère de la Santé ou au Ministère de l’Éducation Nationale.