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Association pour l'Histoire du Scoutisme Laïque

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La démocratie, pour quoi faire ?

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Conclusion de la présidente des EEDF

 

 

 

Conclusion de cette Journée de la mémoire du scoutisme laïque

 

Isabelle Dhoyer, Présidente des EEDF

 

La démocratie pour quoi faire ?

 

Il est incontournable de connaître le passé pour comprendre le présent et envisager l’avenir.

 

En amont de cette journée consacrée à la notion de démocratie dans notre mouvement et à l’évolution à travers les années et les époques, je voudrais m’appuyer sur un documentaire intitulé : « Jeunesses hitlériennes : l’endoctrinement d’une nation… »

Alors qu’elles comptaient 100000 membres en 1932, les Jeunesses hitlériennes rassemblent 8,7 millions d’adolescents et de jeunes adultes au début de 1939, soit près de 95 % des garçons allemands. En uniformes – chemises brunes, culottes noires –, les Hitlerjugend apprennent la discipline, font beaucoup de sport et subissent l’endoctrinement de leurs moniteurs. L’hygiène corporelle et le sens du sacrifice occupent une place prépondérante dans cette idéologie. Le premier des « dix commandements de la santé » qu’ils doivent respecter est rédigé ainsi : « Ton corps appartient à la nation, ton devoir est de veiller sur toi-même. » Défilés au pas, parfois avec des armes, pratique du vol en planeur, de la motocyclette, du tir… Aucun de ces jeunes ne se rendit compte que tout cela était une préparation à la vie militaire.

 

Nous avons une responsabilité en tant qu’association d’éducation et de scoutisme : celle de garantir la mise en place de moyens correspondant à notre projet conformément à l’article 1 de nos statuts. La démocratie est une partie de la réponse mise en œuvre chez les EEDF. Je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée pour ces jeunes qui n’avaient pas conscience du réel projet poursuivi par leurs chefs.

 

Les interventions de notre journée ont permis de prendre connaissance des choix, orientations de notre Mouvement, et du recul sur cette question à travers le temps et les époques.

 

Les EEDF ont construit un projet, une ambition : celle qui doit permettre une harmonie sociale, permettre de faire « société » en forgeant notre expérience tout d’abord en faisant « association ».

Notre ambition : former des citoyens responsables capables de prendre et de tenir des engagements…

Notre rôle est d’accompagner les jeunes sur ce chemin.

 

Chez les EEDF, c’est le « conseil » qui apporte le cadre d’expression, d’écoute, de choix individuel et collectif. Pour ma part, j’ai vécu le conseil à différents âges :

-   le conseil de Cercle : chez les louvettes et louveteaux

-   le conseil d’équipage, le conseil de CE-SE, le conseil d’Unité : chez les éclaireuses éclaireurs

-   le conseil de groupe

-   le conseil national…

 

Chaque conseil a ses règles, ses codes, ses rites, sa symbolique. Chacun doit pouvoir y trouver sa place et ainsi s’initier au « jeu » démocratique. Je choisis le mot « jeu » au sens du « jeu scout », basé sur des règles partagées pour prendre des décisions et faire des choix.

Pour que le conseil fonctionne, pour que chaque jeune puisse investir le conseil, il est indispensable qu’il accède aux informations, qu’il soit averti, qu’il soit « éclairé » sur les sujets, décisions à prendre : ça demande une préparation en amont ; une information ; un effort individuel et collectif. Il est fondamental de vérifier que ces conditions sont réunies et que nous permettions à chacun de construire sa pensée, sa réflexion, son « esprit critique ».

Le rôle des responsables, la formation des responsables sont essentiels : ce sont eux qui œuvrent : par le dialogue, la confiance accordée et partagée avec les jeunes ; par la posture éducative et l’espace accordé à l’expression des jeunes.

Pour que cela fonctionne, il faut se sentir appartenir à un collectif, être membre de la « société » ; être membre d’une société partageant les mêmes valeurs.

 

Je suis convaincue que le conseil est un concept  répondant à  la volonté de rendre la démocratie participative.

 

Je pense que nous sommes dans une époque qui réclame plus de considération de l’individu et un réel apprentissage du collectif : c’est également le cas chez les EEDF (nous sommes bien dans le monde qui nous entoure). Nul doute que les EEDF ont leur place dans le paysage éducatif, et je suis certaine que la démocratie au sein de notre Mouvement va évoluer, expérimenter d’autres formes participatives dans les prochaines années.